Critiques du paganisme

Added 27/7/2011

Etant donné que les Grecs de l'antiquité avaient la culture du débat, j'ajoute une nouvelle catégorie dédiée aux critiques adressées au paganisme et au néopaganisme, voire plus précisément à la tradition grecque. N'hésitez pas à poster vos critiques et remarques, je tenterai d'y répondre.

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Tenue de cérémonie

Added 22/2/2011

Faut-il porter ou non une tenue spéciale lors des cérémonies païennes ? C'est une question qui revient assez souvent.

On a tous en tête ces vidéos de cérémonies dont tous les participants sont vêtus d'une toge ou vêtement "antique", pour la plus grande hilarité des médias et de certains témoins. Le risque est grand que les religions païennes d'aujourd'hui se voient collées une image peu sérieuse, et que leurs adeptes passent pour des adeptes de jeux de rôle, plutot que pour des gens en train de vénérer les dieux.

Pour cette raison, je pense que dans les cérémonies publiques, il n'est pas souhaitable que tous les participants portent une tenue antique. Que les prêtres et prêtresses en portent n'est pas gênant, après tout il est assez courant chez les prêtres des différentes religions de porter une tenue "archaïque".

 

Plus généralement, quel est l'intérêt des tenues de cérémonies (privées ou publiques) en général (antiques ou non) ? Je considère que c'est un plus, sans que ce soit obligatoire. Revêtir une tenue spéciale (ce qui peut se résumer à mettre un pendentif ou un vêtement blanc, ça n'est pas forcément une "panoplie" complète) aide à entrer dans la cérémonie, à se mettre en contact avec les dieux. Ce genre de préparation n'est, encore une fois, pas propre au néopaganisme.

On peut aussi voir cela comme une marque de respect pour le dieu ou la déesse à qui est dédié la cérémonie. On montre par la tenue que la cérémonie est importante.

 

Si je suis mitigé quand aux tenues "antiques", qu'il faut à mon sens réserver aux prêtres, je suis donc très favorable aux tenues de rituel en général, qui ont, je crois, un intérêt spirituel concret et non négligeable.

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Athéna (selon Walter Otto) (1)

Added 8/10/2010

Athéna

 

Voici un résumé du chapitre des "Dieux de la Grèce" de Walter Otto consacré à Athéna. Au travers des poèmes antiques, son essence, son "caractère" apparaissent dans une splendeur bien plus attrayante que ce que laissent transparaître les plats résumés mythologiques. La richesse, la profondeur, l'élévation, la beauté de cette figure sont incontestables, et le savant allemand renvoie à leurs préjugés et à leur grossièreté ceux qui n'ont voulu voir dans la déesse qu'une basique divinité des batailles issue d'une spiritualité de bas-étage.

 

Le culte d'Athéna est très ancien: on retrouve son nom, et peut être sa représentation, sous la forme d'une déesse en armes, dès l'époque mycénienne. Néanmoins, le manque de textes pour cette époque pousse Walter Otto à se concentrer sur l'Athéna homérique

 

Ce qui transparait aussitôt des sources, c'est qu'Athéna est bien plus qu'une déesse des batailles: c'est l'ennemie jurée des esprits sauvages qui trouvent leur plaisir dans la fureur et la violence des combats. L'archétype de cet esprit, le dieu Arès, est terrassé presque sans peine par Athéna lors du combat des dieux; Athéna le blesse encore par l'intermédiaire de Diomède sur le champ de bataille Bien que tous deux dieux de la guerre, ils sont radicalement opposés l'un à l'autre

 

Athéna est certes une déesse de la guerre: elle ranime le courage des guerriers qui faiblissent, elle assiste Achille et Diomède dans la bataille. Mais elle permet aussi à Bellérophon, grace à un mors, de dompter Pégase. Elle aide Jason à construire son navire, Epeios à batir le cheval de Troie. Elle inspire leurs ruses à Ulysse et Pénélope. Elle apparait ainsi avant tout comme la déesse de la force réalisatrice.

 

Lors de ces épisodes, elle agits par sa seule présence. Lors du massacre des prétendants, elle ne combat pas, mais aide Ulysse en étant à ses cotés. Elle est rempart et protection. De fait, de nombreuses villes, et pas seulement Athènes, l'avaient pour déesse tutélaire (Pollias).

 

Mais c'est surtout l'amie et la compagne des héros dans leurs entreprises. Sa présence les éclaire, les enflamme. Elle les conseille et les secourt.

Chez l'homme, c'est la raison, la maitrise de soi, le sang-droid et la dignité qui lui plaisent, et non la fougue aggressive et furieuse. Au début de l'Iliade, Achille, en colère contre Agamemnon, sur le point de dégaine, retrouve son calme lorsqu'il croise le regard lumineux d'Athéna. C'est la victoire de la raison sur l'impulsivité.

 

Au contraire, lorsque le héros Tydée, ami d'Athéna, ouvre le crâne d'un ennemi pour dévorer sa cervelle, dans un accès de folie, il est abandonné par la déesse, qui s'apprêtait à lui donner un breuvage de vie éternelle: elle ne supporte pas la sauvagerie, et montre ainsi un soucis aigu de la morale et de l'éthique. Elle est conseillère et secourable, mais uniquement pour ceux qui en sont dignes.

 

Elle est surnommée Polymètis, celle qui est très sensée, aux mille ruses. Cette perfection du sens et du conseil est un de ses traits caractéristiques.

 

Elle inspire aux hommes l'audace, le courage, la volonté de triompher. Elle donne l'illumination et la sobriété qui mènent à la victoire. Une action héroïque doit-elle être menée, Athéna est là. Elle est la toujours-proche, la splendeur de l'instant clair et puissant; c'est la déesse de la proximité.

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Hymne à Zeus d'André de Guerne

Added 5/10/2010

zeus otricoliTandis que devant Zeus la libation coule,
Chantons ! Chantons le Dieu qui dompta les Titans,
Celui qui, des sommets, presse, assemble ou refoule
Le vol des nuages flottants.

Sous quel nom t’invoquer, toi que Dicté réclame,
Toi dont le vert Lycée est jaloux ? Le Crétois
Nourrit habilement le mensonge en son âme :
Le haut Parrhasios t’a caché dans ses bois.

C’est là que sur la couche antique, la pesante
Rhéa, de sa ceinture ayant rompu les nœuds,
Purifia ton corps dans l'onde jaillissante
Du Fleuve illustre et lumineux.

Et c’est près de Cnossos, aux paisibles haleines,
Que sur les pâles fleurs coula ton sang vermeil,
Et que, couvrant leurs bras, les Nymphes Dictéennes
Et la douce Adrastée ont bercé ton sommeil.

Sur l’Ida parfumé, riche en herbes secrètes,
L’abeille Panacris cueillait un miel plus doux ;
Et, dansant devant toi, les bondissants Kurètes
Heurtaient leurs armes à grands coups.

Tel, enfant, oublié dans la sombre demeure,
De l’avide Kronos immortel Rejeton,
Déjà prudent et mûr, tu grandis jusqu’à l’heure
Où le poil juvénile ombragea ton menton.

O Poètes ! nul sort n’a choisi l’héritage,
Ni, disputant à Zeus le trône universel,
Aveuglément marqué les trois lots du partage
De l’Hadès, des Eaux, et du Ciel.

Règne, ô Zeus, et commande à l’Ouranos céleste !
Dédaignant les mortels, chanteurs, guerriers, marins,
Dirige les Rois seuls ; accorde et manifeste
Ta splendeur souveraine aux Héros souverains !

Qu’Héphaistos soit propice à ses robustes aides,
Arès, à qui bondit aux combats meurtriers,
Artémis au chasseur, et Phoibos aux aèdes,
Moissonneurs des divins lauriers.

Mais Toi, comme un veilleur du haut des citadelles,
Tu contemples les jours et les travaux des Rois,
Jugeant leurs cœurs, gardiens oublieux ou fidèles
De la Justice sainte et des augustes Lois.

Incorruptible Zeus, Maître des récompenses,
Lassé de te louer, le chant rhythmé s’est tu !
Salut, Père des Dieux, Kronide, qui dispenses
Les richesses et la vertu !

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Une cérémonie en l'honneur d'Athéna (2)

Added 27/9/2010

Les libations terminées, je récite en général des prières tirées des hymnes homériques ou orphiques, ainsi que des prières que j'ai composées. Pour Athéna, j'aime lire l'hymne homérique 10, très court, mais superbe, en grec, puis en français. Lire le texte en grec n'est pas un snobisme philologique. Cela montre l'effort personnel que l'on fait pour se rapprocher des dieux. C'est aussi et surtout plus beau dans le texte original, comme toute poésie. Le rythme des hexamètres favorise enfin une sorte d'euphorie propice au recueillement. "Je ne croirais qu'en un dieu qui saurait danser" disait Nietzsche. Et si la danse et la musique, loin d'être comme on a tendance à le penser, des frivolités, un simple amusement, avaient au contraire une dimension divine ? Scander les vers en l'honneur des dieux devient ainsi une sorte d'offrande.

 

Les offrandes à proprement parler sont une part importante de mes cérémonies. En quoi cela consiste-t-il ? A offrir à une divinité un plat garni de nourriture. Dans la cérémonie en question, ce furent des fraises, une poire et du miel. Le miel, symbole de pureté, d'immortalité (Voir PORPHYRE, L'antre des nymphes, 15 et suivants), présent dans les cérémonies d'Eleusis, est particulièrement indiqué pour cela, et j'en offre aux dieux à chaque rituel.

 

J'offre également souvent des fruits. A vrai dire, il est trop compliqué à mon sens de choisir méticuleusement quoi offrir à chaque dieu, d'autant que l'on a pas forcément 1000 ingrédients sous la main. Le païen qui prépare une offrande ne doit pas ressembler à une sorcière préparant son chaudron. L'important est surtout d'offrir quelque chose de beau.

 

Comment cela se passe-t-il concrètement ? On dépose sur l'autel le plat qu'on a destiné à cet usage, avec les offrandes dessus. Je rajoute souvent le miel après avoir dépose le plat sur l'autel (on peut parler alors de libation de miel). Ce faisant, je prie la divinité de bien vouloir agréer l'offrande en question.

 

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