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Une oeuvre numérique de mon cru pour rendre hommage à Clio (Kleiô), muse de l'histoire et de la poésie (spécialement épique, d'où le glissement par la suite vers le domaine historique). Le tableau d'origine est "L'art et la littérature" de W. A. Bouguereau. Comme la muse du tableau écrivait, et qu'il n'existe pas de muse de la littérature, j'ai pensé qu'elle pouvait très bien représenter Clio.
Cette muse, je crois l'avoir déjà dit, est particulièrement importante pour moi, puisque l'histoire est l'une de mes occupations principales, et que j'ai donc fréquemment besoin de ses lumières. Elle patronne également la poésie, que je pratique aussi. Je la prie donc assez souvent. Elle n'a malheureusement pas été à ma connaissance très souvent représentée individuellement, du moins par des artistes renommés. Je ne connais pas non plus de nombreux poèmes/hymnes lui étant dédiés.
Horace lui a consacré un de ses odes, dont j'ai trouvé une superbe traduction
HORACE, Ode I.12. A Clio
Clio, quel homme, aujourd'hui, quel héros Va célébrer ta lyre ou ta trompette ? Quel dieu choisi, dont le nom se répète, Par le jeu des échos,
Soit aux abords de l’Hélicon plein d'ombre, Soit sur le Pinde ou le gélide Hémus, Monts où jadis on vit les bois émus Suivre Orphée, au doux nombre,
Lorsque, arrêtant, grâce à l'art maternel, Le cours de l'onde et les brises mobiles, Il entraînait jusqu'aux chênes, dociles À son luth immortel ?
Salut d'abord, selon nos mœurs sacrées, Au père-roi des hommes et des dieux, Qui subordonne Océan, terre et cieux, Aux saisons mesurées !
Il n'engendra rien de plus grand que lui, Rien qui l'égale ou l'approche en substance; Pourtant Pallas, en seconde puissance, Près de son trône a lui.
Hardi guerrier, je ne saurais vous taire, Liber; ni vous, la Vierge bataillant Dans les forêts; ni vous, Phébus brillant. Terrible sagittaire.
Nommons Alcide, et les nobles Gémeaux, Tous deux si forts, l'un au combat du ceste, L'autre à cheval: dès que leur œil céleste S'ouvre pour les vaisseaux,
L'onde écumante au pied du roc s'écoule; Le vent s'abat; tout nuage est chassé; Et le flot rude, à leur guise affaissé, Laisse à peine une houle.
Faut-il citer Romulus après eux ? Le bon Numa ? l'appareil magnifique Du vieux Tarquin, ou de Caton d'Utique Le trépas généreux ?
J'exalterai Régule, avec délice; Les deux Scaurus; Paul, magnanime cœur Offrant sa vie au Punique vainqueur; Puis l'honnête Fabrice:
Ainsi que lui, c'est par la pauvreté Que se forma sous le chaume avitique, Le fier Camille, et Cure au poil rustique, Au glaive respecté.
De Marcellus, comme un arbre, à toute heure Croît le renom. Là -haut brille entre tous L'astre de Jule: au sein de feux plus doux, Telle Phébé majeure.
Du genre humain père et guide fécond, Fils de Saturne, à toi le Destin même Remit le grand César: or, dieu suprême, Prends César pour second.
Quand il aura, dans sa juste colère, Brisé le Parthe, agresseur des Latins, Et refoulé vers leurs climats lointains L'Indien et le Sère,
Sur l'orbe entier qu'il règne, à toi soumis. Toi, sous ton char secouant les airs vastes, Tu darderas contre les bois peu chastes Tes foudres ennemis.
Tags : Clio histoire muses deesse grecque deesse deite divinite spiritualite oeuvre d art oeuvre numerique peinture bouguereau
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Le reconstructionnisme et son contraire : Ajouté le 9/11/2009 à 16:58
Plusieurs options s'offrent aux païens d'aujourd'hui. Repartir de zéro, sans s'inspirer ou en s'inspirant très peu des cultes antiques, ou au contraire s'en inspirer en grande partie (ce qu'on appelle le reconstructionnisme), ces deux voies ayant évidemment des déclinaisons multiples, de la reconstitution la plus scrupuleuse à la "modernité" la plus totale.
Pour ma part, je suis plutot de tendance reconstructionniste, étant devenu païen essentiellement par la fréquentation des textes et oeuvres antiques. Se vouloir païen, c'est obligatoirement relier avec le passé, puisque le paganisme, les religions antiques sont anciennes. Repartir de zéro ou à peu près, à mon sens, ce n'est plus etre païen mais adepte d'une nouvelle religion, peut-etre polythéiste, mais pas païenne, puisque païen signifie "adepte d'un polythéisme antique".
D'un autre coté, je ne suis pas pour le reconstructionisme intégral, au geste près. D'une part parce qu'il est très difficile pour ne pas dire parfois impossible à mettre en place, d'autre part parce que le paganisme d'aujourd'hui ne doit pas etre la copie pure et simple d'un polythéisme antique(d'ailleurs duquel ? Le polythéisme grec se déclinait en des milliers de cultes particuliers, selon les régions et les époques). Nous parlons d'autres langues, nous vivons différemment, nous avons d'autres moyens de communication. N"importe quelle philosophie ou religion, n'importe quel courant d'idées évolue avec le temps, le but des païens d'aujourd'hui ne doit pas etre de se figer et d'imiter en tous point l'antiquité. D'un autre coté, rompre avec le passé complètement serait absurde, puisque nous nous voulons adeptes de spiritualités prenant racine dans le passé. Au risque de paraphraser plus d'un auteur antique, je dirais donc qu'en cette matière la bonne voie me semble etre la voie médiane. Tags : spiritualite religion polytheisme reconstructionnisme hellenisme paganisme philosophie grec
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L'aide de Melpomène : Ajouté le 9/7/2009 à 11:20
Melpomène est la muse de la tragédie. Jusqu'il y a peu, je ne la priais pas individuellement, car je n'écris pas souvent de théâtre. Récemment, j'ai eu envie de m'essayer à ce genre dans lequel je n'avais pas jusqu'ici réussi à écrire quoi que ce soit. J'ai donc eu l'idée de lui addresser des prières avant de me mettre à écrire. Chacun en pensera ce qu'il voudra, mais alors que juqu'ici je n'avais pas réussi à écrire plus de deux ou trois pages d'une pièce, j'ai écrit cette fois une pièce quasiment en entier, d'une traite. Un ancien y aurait sans doute vu l'aide de la déesse. Je l'y vois également. J'ai composé une prière de remerciement, et je remercie Melpomène ici aussi Tags : deesse tragedie theatre muse melpomene divinite priere
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La spiritualité et les statues (1) : Ajouté le 19/6/2009 à 11:27

Dans la religion grecque, (et dans de nombreuses autres religion polythéistes d'ailleurs) les statues ont eu une importance particulière. Présentes dans tous les temples, aux carrefours, dans les maisons, elles étaient un élément important de la spiritualité antique. C'est pourquoi je veux lui dédier ici un article.
Tout d'abord, il faut dissiper un malentendu-devrait-on dire une calomnie ?- courant(e): les ¨grecs de l'antiquité, pas plus que le païens d'aujourd'hui, ne prennent pas les statues pour des divinités, mais pour ce qu'elles sont: des images, des représentations de divinité. Le mot grec eikôn, comme le mot eidôlov, par lesquels on désigne les statues, signifient aussi image, portrait, représentation. Les anciens étaient parfaitement conscients qu'il ne s'agissait pas de divinités. D'ailleurs, les statues de Zeus ou d'Athéna se comptant par centaines il auraient alors pensé qu'il existait des centaines de Zeus, et non un seul... Quand Oreste, au pied d'une statue d'Athéna, prie la déesse de venir à lui, c'est bien qu'il la croit éloignée, et donc qu'il ne la confond pas avec sa statue. On peut multiplier les exemples de ce genre. Les Grecs n'adoraient donc pas leurs statues: celles-ci n'étaient qu'un support permettant d'entrer en contact avec le divin plus aisément, de mieux ressentir la présence des dieux...
Ecoutons ce qu'en dit le philosophe néoplatonicien Plotin:
Les anciens sages, qui voulaient se rendre les dieux présents en fabriquant des statues , me paraissent avoir bien pénétré la nature de l'univers : ils ont compris que l'essence de l'Âme universelle est facile à attirer partout, qu'elle peut être aisément rendue présente dans toute chose disposée pour recevoir son action et pour participer ainsi quelque peu à sa puissance. Or une chose est toujours disposée à subir l'action de l'Âme quand elle se prête comme un miroir à recevoir toute espèce d'image . La Nature dans l'univers forme avec un art admirable tous les êtres à l'image des raisons qu'elle possède : dans chacune de ses œuvres la raison [séminale] unie à la matière, étant l'image de la raison supérieure à la matière [de l'idée] , se rattache à la Divinité [à l'Intelligence] d'après laquelle elle a été engendrée, et que l'Âme universelle a contemplée pour créer . Il était donc également impossible qu'il y eût ici-bas quelque chose qui ne participât pas de la Divinité, et que celle-ci descendît ici-bas : car elle est l'Intelligence, le Soleil qui brille là -haut.(4ème Ennéade III, 11)
Olympiodore a dit sur le même sujet:
« Qu'on ne croie pas que les philosophes adorent des idoles, des pierres,comme des divinités; mais, comme nous sommes soumis aux conditions de la sensibilité, et que nous ne pouvons atteindre aisément à la puissance incorporelle et immatérielle, les images ont été inventées pour en éveiller ou en rappeler le souvenir : en regardant ces images naturelles, en leur rendant hommage, nous pensons aux puissances qui échappent à nos sens. »
Selon certains, les statues étaient investies d'esprits divins (voir Hermès Trismégiste, cité par Augustin, dans la Cité de Dieu, VIII, 23), mais elles ne se confondaient pas avec les dieux du ciel.

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Terpsichore : Ajouté le 1/3/2009 à 08:41

Terpsichore est la muse de la danse, fille de Zeus et de Mnémosyne comme ses huit autres soeurs. Son nom signifie "qui prend plaisir à danser" Elle est souvent représentée avec une harpe. Certains auteurs en font la mère des sirènes. C'est une divinité à mon avis révélatrice de l'esprit général de l'hellénisme, toutes les religions n'ayant pas une déesse de la danse. La divinité exerce une activité humaine, ce qui la rapproche de nous, et l'activité en question est légère: le monde divin n'est pas que gravité, il peut aussi se montrer enjoué et volage.
Tags : terpsichore danse muse
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