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Melpomène est la muse de la tragédie. Jusqu'il y a peu, je ne la priais pas individuellement, car je n'écris pas souvent de théâtre. Récemment, j'ai eu envie de m'essayer à ce genre dans lequel je n'avais pas jusqu'ici réussi à écrire quoi que ce soit. J'ai donc eu l'idée de lui addresser des prières avant de me mettre à écrire. Chacun en pensera ce qu'il voudra, mais alors que juqu'ici je n'avais pas réussi à écrire plus de deux ou trois pages d'une pièce, j'ai écrit cette fois une pièce quasiment en entier, d'une traite. Un ancien y aurait sans doute vu l'aide de la déesse. Je l'y vois également. J'ai composé une prière de remerciement, et je remercie Melpomène ici aussi Tags : deesse tragedie theatre muse melpomene divinite priere
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La spiritualité et les statues (1) : Ajouté le 19/6/2009 à 11:27

Dans la religion grecque, (et dans de nombreuses autres religion polythéistes d'ailleurs) les statues ont eu une importance particulière. Présentes dans tous les temples, aux carrefours, dans les maisons, elles étaient un élément important de la spiritualité antique. C'est pourquoi je veux lui dédier ici un article.
Tout d'abord, il faut dissiper un malentendu-devrait-on dire une calomnie ?- courant(e): les ¨grecs de l'antiquité, pas plus que le païens d'aujourd'hui, ne prennent pas les statues pour des divinités, mais pour ce qu'elles sont: des images, des représentations de divinité. Le mot grec eikôn, comme le mot eidôlov, par lesquels on désigne les statues, signifient aussi image, portrait, représentation. Les anciens étaient parfaitement conscients qu'il ne s'agissait pas de divinités. D'ailleurs, les statues de Zeus ou d'Athéna se comptant par centaines il auraient alors pensées qu'il existait des centaines de Zeus, et non un seul... Quand Oreste, au pied d'une statue d'Athéna, prie la déesse de venir à lui, c'est bien qu'il la croit éloignée, et donc qu'il ne la confond pas avec sa statue. On peut multiplier les exemples de ce genre. Les Grecs n'adoraient donc pas leurs statues: celles-ci n'étaient qu'un support permettant d'entrer en contact avec le divin plus aisément, de mieux ressentir la présence des dieux...
Ecoutons ce qu'en dit le philosophe néoplatonicien Plotin:
Les anciens sages, qui voulaient se rendre les dieux présents en fabriquant des statues , me paraissent avoir bien pénétré la nature de l'univers : ils ont compris que l'essence de l'Âme universelle est facile à attirer partout, qu'elle peut être aisément rendue présente dans toute chose disposée pour recevoir son action et pour participer ainsi quelque peu à sa puissance. Or une chose est toujours disposée à subir l'action de l'Âme quand elle se prête comme un miroir à recevoir toute espèce d'image . La Nature dans l'univers forme avec un art admirable tous les êtres à l'image des raisons qu'elle possède : dans chacune de ses œuvres la raison [séminale] unie à la matière, étant l'image de la raison supérieure à la matière [de l'idée] , se rattache à la Divinité [à l'Intelligence] d'après laquelle elle a été engendrée, et que l'Âme universelle a contemplée pour créer . Il était donc également impossible qu'il y eût ici-bas quelque chose qui ne participât pas de la Divinité, et que celle-ci descendît ici-bas : car elle est l'Intelligence, le Soleil qui brille là -haut.(4ème Ennéade III, 11)
Olympiodore a dit sur le même sujet:
« Qu'on ne croie pas que les philosophes adorent des idoles, des pierres,comme des divinités; mais, comme nous sommes soumis aux conditions de la sensibilité, et que nous ne pouvons atteindre aisément à la puissance incorporelle et immatérielle, les images ont été inventées pour en éveiller ou en rappeler le souvenir : en regardant ces images naturelles, en leur rendant hommage, nous pensons aux puissances qui échappent à nos sens. »
Selon certains, les statues étaient investies d'esprits divins (voir Hermès Trismégiste, cité par Augustin, dans la Cité de Dieu, VIII, 23), mais elles ne se confondaient pas avec les dieux du ciel.

Tags : spiritualite statues statuaire idoles
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Terpsichore : Ajouté le 1/3/2009 à 08:41

Terpsichore est la muse de la danse, fille de Zeus et de Mnémosyne comme ses huit autres soeurs. Son nom signifie "qui prend plaisir à danser" Elle est souvent représentée avec une harpe. Certains auteurs en font la mère des sirènes. C'est une divinité à mon avis révélatrice de l'esprit général de l'hellénisme, toutes les religions n'ayant pas une déesse de la danse. La divinité exerce une activité humaine, ce qui la rapproche de nous, et l'activité en question est légère: le monde divin n'est pas que gravité, il peut aussi se montrer enjoué et volage.
Tags : terpsichore danse muse
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Vrais dieux et faux dieux : Ajouté le 28/2/2009 à 11:31
Beaucoup de gens sont taraudés par la question de savoir si leur dieu est vrai ou non, s'il existe ou pas. Certains sont dans l'angoisse de se tromper, de ne pas adorer la bonne divinité, comme s'il s'agissait d'une loterie ou il faut avoir le bon ticket.
Les païens envisagent tout autrement la question. Pas question de vrai ou de faux. Pour moi, il n'y a tout simplement pas de faux dieux, car le divin n'est pas un domaine ou s'immiscent les contrefaçons.
A partir du moment où une personne est habitée d'un sentiment religieux profond, il serait absurde de le nier, car cela apparait de façon indiscutable. Phidias, Homère, Platon, les auteurs du Mahabharata, les batisseurs des grands édifices religieux, de Rome à la Thaïlande, furent indiscutablement habités d'une croyance féconde, créatrice. Et cette fécondité artistique justifie à elle-seule la croyance qui lui donne naissance. Une croyance, quelle qu'elle soit, qui engendre l'art sous une quelconque forme est forcément bonne, car créatrice de beauté, et véritable, puisque ses enfants sont sous nos yeux.

D'ailleurs, celui qui critique les croyances et nie le sentiment religieux d'un Praxitèle ou d'un Mésomède, quelle oeuvre a-t-il créé pour critiquer la source de l'inspiration de ses artistes ? A-t-il trouvé une source plus féconde ? Et quand bien même, cela ne justiierait pas le mépris. Les dieux sont le squelette, la base des civilisations anciennes. Les plus beaux batiments leur étaient dédiés, on sculptait pour eux des oeuvres superbes, c'est sous leur patronage qu'ont raisonné les penseurs, c'est pour eux qu'on a fait les premières poésies. Rares sont les textes littéraires dont ils sont absents. Chacun le droit de leur rendre un culte ou non, mais il est bien déplorable de bruler ce qu'ont adoré nos ancètres, et de nier toute valeur à ce qu'ils ont le plus aimé.
Pour en revenir à la question d'existence des dieux, celle-ci est évidente à mes yeux. Les dieux sont des lois de la nature, des idées personnifiées, comme la beauté ou la sagesse, les gouverneurs du monde. Or, la beauté de la nature, ses lois immuables, l'existence de la beauté, de la bonté, de la loyauté, sont des faits. Comment les nier ?
Les dieux se manifestent donc partout aux yeux des païens, comme le disait Thalès de Milet, "Tout est plein de dieux".

Tags : hellenisme paganisme divinite dieux polytheisme
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Quelques citations : Ajouté le 28/2/2009 à 11:20
"Qu'il soit grec ou celtique, le paganisme ignore cette vision segmentée du temps et leur préfère une vision cyclique. De même, il accepte la pluralité des approche religieuses, reflet de la multiplicité des figures divines"
"Le païen vit dans un rapport de co-appartenance avec le comos, dont il n'est jamais le centre."
"On me dit aussi qu'il (le terme "païen) a été forgé par les adversaires: la belle affaire ! Raison de plus pour le brandir, tel un étendard !
"La Tradition est donc la synthèse d'une connaissance naturelle du divin et du souvenir des inspirations successives: en elle rien defigé. Voici donc comment celle-ci se déveoppe, échappe à la sclérose, revit à chaque génération. C'est en ce sens que le paganisme est éternellement jeune et renaissant."
(Christopher Gérard: La source pérenne) Tags : paganisme gerard christopher polytheisme
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