Articles de cette pageUn paradoxe antique : le rapport à l'homme et aux sacrifices d'animauxPourquoi plusieurs dieux plutôt qu'un seul ? Gardzienice: orkiestra antyczna (musique antique) Rire des dieux: un trait de génie de l'hellénisme Un blog païen Un paradoxe antique : le rapport à l'homme et aux sacrifices d'animauxAjouté le 6/5/2012
Quelques données banales et connues de tous, une fois mises ensembles peuvent être révélatrices. C'est le cas, je crois, du rapport qu'avaient les anciens de l'homme et des sacrifices d'animaux à différentes époques de l'Antiquité. La Grèce de Périclès sacrifie des animaux à tour de bras, comme du reste, la Grèce homérique. Les Grecs connaissent par coeur Homère, qui parle par exemple des sacrifices faits à Pylos: "En ce moment les peuples offraient sur le rivage un sacrifice de taureaux noirs à Poséidon, aux cheveux azurés. Là s’élevaient neuf sièges ; sur chacun étaient cinq cents convives, et chaque groupe avait immolé neuf taureaux." (Odyssée, chant III). Soit 81 taureaux, et ça ne choque personne, excepté les orphiques et peut être les pythagoriciens, qui sont ultra minoritaires, et disparaissent rapidement avant de ressurgir à la fin de l'Antiquité. On connait tous le mot hécatombe, qui est un sacrifice de 100 taureaux. Il existe même des sacrifices plus importants encore. A coté de ça, la société grecque classique est à la base de l'humanisme. Malgré toutes les récupérations, tous les manipulateurs qui veulent l'attribuer à des religions qui s'occupent davantage de Dieu que de l'homme, il est évident que l'humanisme prend la plupart de ses racines dans les textes grecs de cette époque, et dans les textes latins et grecs postérieurs qui s'en inspireront (les humanistes de la renaissance lisaient Platon et Sénèque, beaucoup moins le Talmud ou le Coran :lol: ). Les lois d'Athènes sont relativement douces, on peut, au pire, être décapité. Un citoyen ne peut plus devenir esclave depuis Solon (ou un de ses contemporains). On ne connait guère les tortures raffinées comme en Perse ou dans l'Europe médiévale. Les massacres de guerre y sont rares, et suscitent une indignation considérable (il suffit de lire Thucydide) Comparé à la plupart des autres civilisations, surtout préindustrielles, la Grèce classique (Athènes en particulier) est donc, sans conteste, une société humaniste. La comparaison avec l'Antiquité tardive est édifiante. Cette société brutale à souhait, dans laquelle on commence à brûler vifs des condamnés à mort, ou à torturer les gens toutes classes sociales confondues, ou pire encore, dans laquelle on légitime par la loi l'intolérance et la violence (religieuse en particulier), de Dioclétien à Théodose, voit de nombreux auteurs dénoncer comme un crime les sacrifices d'animaux ! De Philostrate à Porphyre, sans parler des auteurs chrétiens, le végétarisme est à la mode. On se demande même si ce ne sont pas les auteurs de cette époque qui ont prêté à Pythagore un végétarisme qu'il ne professait peut être pas. Dans le même temps, les venationes (gladiateurs contre animaux), inconnues dans la Grèce classique, connaissent une vogue certaine, dont témoignent les innombrables mosaïques de cette époque. Et, ironie suprème de l'histoire, l'empereur le plus tolérant, le moins "policier", le moins violent envers ses sujets, Julien, est un sacrificateur d'animaux patenté. Il serait stupide de corréler totalement végétarisme et violence, ou pratique des sacrifices et humanisme. Néanmoins ce décalage est un paradoxe, qui ne tient surement pas de la coincidence complète. Et si la violence des sacrifices avait fait oeuvre de catharsis, permettant à la société d'exercer moins de violence sur ses membres ? On se demandera alors pourquoi la venatio ne pouvait pas remplir le même rôle. Sans doute cela tient-il à la différence entre les deux: cérémonie religieuse d'une part, divertissement "laïc" de l'autre. Il y a en tout cas matière à reflexion. Tags : paganisme polytheisme hellenisme pythagore vegetarisme animaux offrandes sacrifices Catégorie : hellenisme | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire |Pourquoi plusieurs dieux plutôt qu'un seul ?Ajouté le 5/4/2012 Pourquoi plusieurs dieux plutôt qu'un seul ? demande-t-on parfois. Voici une tentative de réponse.
-L'explication par cause unique, dans de nombreux domaines (les sciences historiques notamment) s'est souvent révélée fausse, ou simpliste. Le monde est trop complexe pour être le fait d'une cause unique. La chute de Rome, qui est loin pourtant d'être un aussi grand mystère, relève de causes multiples. Et le monde dans son ensemble n'aurait qu'une cause unique ? ça me parait invraisemblable.
Tags : un seul dieu polytheisme monotheisme paganisme hellenisme religion critique du paganisme religions monotheistes religions polytheistes grece louis menard democratie autocratie polyarchie plusieurs dieux critique du polytheisme Catégorie : critiques du paganisme | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire |Gardzienice: orkiestra antyczna (musique antique)Ajouté le 2/4/2012 Un groupe de musique/théâtre polonais, entre inspiration et reconstitution de la musique antique. C'est globalement très réussi. Les voix et mélodies sont magnifiques et réussissent à nous transporter dans l'antiquité, en plein paganisme. Voici un de leurs morceaux: Tags : Gardzienice orkiestra antyczna musique antique musique antiquite musique paienne paganisme neopaganisme hellenisme Catégorie : hymnes anciens et modernes | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire |Rire des dieux: un trait de génie de l'hellénismeAjouté le 25/2/2012 ![]() Les anciens Grecs, contrairement à tant de sociétés postérieures, savaient rire de leurs dieux. Aristophane les tourne en dérision à longueur de pièces; ses oeuvres étaient pourtant très appréciées du peuple comme des lettrés. Plus tard, Lucien, avec talent, rira des infidélités de Zeus et de ses disputes conjugales. Et l'on pourrait citer bien d'autres exemples. Les Grecs savaient de temps à autre, rire de leur religion, tout en restant très religieux. L'esprit moderne n'arrive pas même à concevoir une telle mentalité: tantôt, il en conclut que ces moqueries sont le signe d'une décadence. Mais si la décadence commence avec Aristophane, où sont les commencements et l'apogée ? Parfois aussi, il pense que ça prouve que les anciens ne prenaient pas leurs dieux au sérieux. Mais c'est également indéfendable: on ne batit pas des temples par centaines pour quelque chose qu'on ne prend pas au sérieux. Ou encore, on veut voir dans ces moqueurs des libres penseurs. ça passe pour Lucien, mais pas pour Aristophane, le plus conservateur des Athéniens ! Le monde moderne, si sûr de sa supériorité intellectuelle sur le monde antique, spécialement en matière religieuse, ferait bien d'en prendre de la graine, lui qui voit se déchainer des foules pour tel mot d'un humoriste, telle pièce de théatre, telle caricature. Et si l'humour, en religion comme ailleurs, était signe d'intelligence ? Tags : lucien de samosate lucien aristophane olympiens gods laugh hellenisme neopaganisme paganisme polytheisme dieux rire humour humour paien Catégorie : hellenisme | Commentaires (2) | Ecrire un commentaire |Un blog païenAjouté le 25/2/2012 Un blog païen particulièrement intéressant, que je suis depuis pas mal de temps. L'auteur a écrit un livre sur le paganisme et ses contributions sont aussi variées qu'intéressantes: http:// Tags : blog paien helleniste hellenisme tradition grecque polytheisme grec dodécatheisme paganisme neopaganisme Catégorie : Autres | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire | |
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